3h40 du matin, dans la nuit de lundi à mardi.
Avec le temps, j’apprends. Dans mon cas, ça peut prendre beaucoup de temps. Mais je finis toujours par apprendre. Après 30 minutes de pis tourne dans mon lit, c’en était trop. L’oreiller sous le bras, j’ai quitté la chambre, fermé la porte ainsi que toutes celles de l’étage. Quand je me lève ainsi la nuit, pour avoir la paix, je libère les chats du ventre de la terre (le ventre de la terre… c’est tout de même plus mystérieux qu’un vulgaire sous-sol, pas vrai?). Autrement, mes deux rusés poilus reniflent ma présence à travers la craquelure du plancher et miaulent à m’en trancher les oreilles tant que je ne leur ouvre pas la porte pour qu’ils puissent venir se frôler contre moi et me ronronner leur reconnaissance à l’oreille et à la terre entière. Si je ne ferme pas les portes de chambres, bientôt j’entendrai hurler de part et d’autre que les chats sont la pire invention au monde. Si je ne ferme pas en haut, j’entends hurler. Si je n’ouvre pas en bas, j’entends miauler. Misère!
3h48. Bientôt, l’est s’éclairera d’une faible lumière. Le soleil se prépare à entrer en scène. Je devrai tirer les rideaux du salon et enfouir ma tête dans le creux du divan pour espérer dormir en paix. Quand je me lève, la nuit, je préfère lire quelques page et m’endormir sur le canapé. Avec mon oreiller. Sachant que le cadran de Roméo nous réveille toujours une heure à l’avance, je perds ici des minutes précieuses et par le fait-même l’occasion de recharger ma batterie en mode PATIENCE.
3h56. Qu’est-ce que je vous disais? Ma femelle tigrée grattouille dans la porte de son enfer en miaulant sa détresse de ne pas respirer le même air que sa maîtresse. Je la comprends! Son air à elle pue à des mètres à la ronde, croyez-moi! Toutes portes closes, je sens l’odeur de la litière de mes félins dès que mon nez quitte le deuxième étage. Pourtant, la litière est propre. Mais l’odeur âcre des souris transformées en crottes de chats (pitoyable destin que celui d’une souris saguenéenne) se répand dans le sous-sol pour imprégner la moindre parcelle poreuse de tissus ou de bois. Et comme l’odeur monte… Y en a marre d’être l’esclave dans ma propre maison de ces estomacs à pattes poilues.
4h03. Si j’espère m’endormir vers 5h, je devrai quitter ce papier et me vautrer sous la couverture déchirée du salon pour lire un roman que je ne finis plus de finir. Je ne sais pas ce qui m’arrive; les livres ne m’intéressent plus. Plus le temps. Lire les blogues, c’est rapide. Dynamique. Amusant. Intéressant de s’infiltrer ainsi dans le petit monde des blogueurs, d’essayer de décortiquer le réel de l’imaginaire. Le livre perd du terrain. Certain blogueurs écrivent de véritables petits bijoux virtuels. De petites perles que je croque au passage entre deux coups de chiffon. Lire les aventures et les mésaventures des blogueurs, même les petits riens quotidiens habituellement plates à vivre, qu’elles soient vraies au maniérées, stimule mon quotidien, me soude à l’écran et m’oblige à revenir pour pouvoir me gaver encore plus de ces histoires racontées par petits bouts, parfois drôles, parfois ordinaires ou carrément tristes.
4h17. Le ciel s’éclaire. Je vous quitte pour lire un peu.
13h50. Je n’ai pas fermé l’œil du reste de la nuit. Depuis que je fais du yoga, l’insomnie survient de plus en plus rarement. Je survivrai.
